Home Scène Internationale Descendents et Buzzcock à Saguenay ? Oh que oui !

Descendents et Buzzcock à Saguenay ? Oh que oui !

Publié le 08 Sep 2025 par

Dans le cadre de leur Canadian Tour, Descendents et Buzzcock sont venus “se virer” à Saguenay, le 2 septembre dernier. Le spectacle devait initialement se tenir à la Saguenéenne (Chicoutimi), mais fut déplacé au Vieux Théâtre de La Baie quelques semaines avant. Comme une bonne partie des punks du Québec aux différentes dates, je me suis fait un devoir d’y assister. Puisque c’est un mardi, le spectacle commence tôt, ce qui a tout pour me plaire.

J’arrive au Vieux Théâtre à l’heure dite, prenant cependant quelques instants pour absorber un peu de cette énergie qui se propage dans l’air, entre les groupes de gens qui discutent dans le parking.

MattstaGraham complète le line up

Quand je rentre, c’est la musique plus que le brouhaha habituel qui me saute aux oreilles. Le spectacle a déjà commencé, je suis confuse… peut-être ai-je trop tardé. En m’avançant plus au-dedans, je vois un band à l’allure plutôt juvénile battre la mesure sur scène. C’est là où je réalise que le menu de la soirée est encore mieux garni que je pensais. Puis, je reçois la claque pop punk de MattstaGraham (Tucson, Arizona) en plein face, avec effet immédiat.

Une telle énergie se dégage du stage, j’en suis hypnotisée. Le son est super clair et les paroles  des chansons ressortent bien des speakers. Entre les titres, Matt (lead) échange avec la foule. Son charisme est ravageur et le monde embarque naturellement. Lors de l’intro de Can I get a VIP, il nous parle de cet “ami”, absent de tous les événements, mais voulant être traité comme la haute royauté s’il daigne se montrer à une soirée… Je gage que chaque musicien pourrait raconter une histoire similaire. Comme le reste du set, la tune est excellente et suscite rires et cris parmi l’audience. La puissante voix de Nica et ses accords au clavier complètent à merveille chacune des partitions de MattstaGraham.

Bientôt, Matt annonce les dernières chansons; c’est dommage, j’en aurais pris encore. Je me laisse tout de même emporter par la fougue de Caffeine, extrait de leur récent album, Yellow Paint (2025), en me promettant d’aller binger le contenu de ce band très coloré. Inutile de dire que j’ai adoré.

Buzzcocks, l’aube du punk

Après un entracte sous un ciel plutôt sombre, la foule bruyante s’est densifiée devant la scène, alors que retentissent les premiers accords de Buzzcocks. Si ma mémoire est bonne, la dernière visite de la formation britannique dans le coin date de 2008. On était dû. Le band formé à la fin des années 70, a créé un pont musical entre le pop rock et le punk naissant, alliant les genres pour un résultat auditif sensationnel. Après plus de 40 ans d’existence, Buzzcocks est toujours aussi pertinent et livre sa prestation avec fougue. Steve Diggle (chant, guitare) est en forme, et s’assure de crinquer le crowd, de le faire s’époumoner, bref de canaliser toute l’électricité présente dans l’air. Le pit remue d’abord avec contenance lors de Senses out of Control, puis encore plus intensément. Ainsi, la dynamo de la fosse s’alimente d’elle-même et atteint un peak quand Steve lâche “Are you ready to fucking rock?!” Ça augmente le mercure encore plus avant Destination Zero et les autres titres, auxquels la foule répond par des cris, des rires et des poings levés. 

Un moment donné, un fan effronté s’accroche à la guitare de Steve comme à une bouée. Ce dernier réussit à le décoller, non sans efforts et un discret geste du pied. La dernière tune joue sans rappel, et Buzzcocks quitte sur un “Thank you very much everybody, we love you” bien senti. Le tonnerre d’applaudissements qui s’ensuit est lui aussi rempli d’amour.

Descendents, enfin

Une autre pause sous un ciel définitivement électrique, qui transmet l’énergie de ses éclairs à la masse de gens qui discute sur le bitume. Des éclats de voix sonnent l’heure de rentrer : ça va commencer. Il y a une fébrilité dans l’air. En effet, pour certains membres du public cette soirée est une forme d’aboutissement, puisque la dernière visite de Descendents en 2023 fut pour le moins… parsemée d’embûches.

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Après les salutations d’usage, Milo et ses acolytes entament Everything sucks, puis enchaînent quelques tunes en cascade, sur fond d’acclamations. Au bout de trois-quatre titres, le pit se déchaîne et la bière commence à r’voler dans les airs. Clairement, le fun est pogné icitte alors qu’un dude vogue en bodysurfing durant une éternité. Tout le monde vit son moment, et le trash grossit au fil des chansons : Clean Sheets, My dad sucks, ‘Merican. Milo, gourde en bandoulière, s’enquiert : “Hey everybody how are you going out there? Do you have fun?” Une masse de cris et de corps lui répond, et la musique continue son rythme effréné.

Je suis proche des colonnes et sens le beat résonner dans tout mon corps. Puis, Coffee Mug nous rentre dans les reins autant que On Paper, introduite par un magnifique “RFK […] Fuck that guy” serti de cris approbateurs. La soirée est géniale, mais on sent la fin lorsque Descendents quitte la scène au son des “Olé” du public. Quelques minutes passent et les musiciens reviennent : surprise ! On célèbre l’anniversaire de Stephen (guitare), son Sweet sixty-one. Après l’incontournable Happy Birthday chanté par tous, Descendents prend le relais avant de quitter en beauté après nous avoir gratifiés de plusieurs chansons pour la route.

Rédaction : Julie Fortin

Correction & révision : Marie-Eve Landry

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé la musique, le style punk et les crêtes dressées. J'suis une intello finie, un peu geek et un peu pirate. J'évolue régulièrement dans les shows et dans le événements. Tu m'y verras souvent en retrait, mais toujours à l'écoute. J'ai parfois l'air sauvage parce que je dis pas un mot ou si peu. En fait, j'suis dans ma bulle, à penser à toutes sortes d'affaires ou à juste vivre le moment présent. Viens me parler, j'suis ben smatte, bien que j'aie plus de mots sur papier que dans la vraie vie. Correctrice, rédactrice et admin au sein du Bad Crew, j'ai pour objectif de faire rayonner la scène du SagLac, qui est vivante, accueillante et remplie de trésors de toutes sortes!