
Les Marmottes aplaties nagent comme des poissons dans Le Délüge
Publié le 10 Oct 2025 par Patrice Belley
Mon festival préféré, Le Délüge souffle sept bougies cette année. Cette dernière édition a pris forme les 12 et 13 septembre dans deux spots : Le Pavillon Nikitoutagan et la cour arrière du Patro de Jonquière.
Last chance
La déception est palpable après l’annonce en toute transparence que c’est notre ultime réjouissance. Allons surfer sur la vague de la dernière chance !

Toute une brochette
Au menu : des groupes québécois et canadiens, deux soirées endiablées et une journée extérieure familiale, offerte gratuitement à la population. Pas moins de quinze bands de tripeux.

Patro de Jonquière
Je me décrasse encore de la veille pendant laquelle j’ai savouré et découvert de nombreux groupes on fire. Mon coup de cœur du vendredi est The Anti-Queens. Allez lire l’article de Julie décrivant ces moments magiques.

Je m’enligne avec mes deux enfants vers le Patro de Jonquière. Il fait soleil, c’est motivant !

Partenaires généreux
Une multitude de commanditaires travaillent main dans la main pour énergiser le milieu artistique du Saguenay-Lac-Saint-Jean par le biais de son Jonquière.
À mon arrivée sur le site, j’aperçois au loin les kiosques érigés de La Voie Maltée et de Joli Rouge. Je vais justement me rapatrier un cidre de pommes froid pour déjeuner. Les kids spotent la table à bonbons et cochonneries.

Cosmïc
Cosmïc est prêt pour l’amorce de cette deuxième journée combinant musique et passion. Le groupe du Saguenay est sur un bon erre d’aller depuis l’arrivée de leur nouvel album Anormal. Je vous invite à lire ma critique sur celui-ci.
Le groupe est d’ailleurs nominé au GAMIQ dans deux catégories !!! Ma progéniture peut affirmer les voir pour une seconde fois en spectacle !




Anormal
Je n’ai cessé de spinner Anormal, sans m’en lasser. J’étais donc impatient de voir ces titres joués live. Sam s’agrippe à son pied de micro décoré à la ska en noir et blanc. Il gambade d’un bord à l’autre du stage et passe près de se bécher, d’exécuter un vol plané spectaculaire.

OFF
« Ferme la switch a été un succès qui a viré à Radio Énergie pendant tout l’été. Voulez-vous l’entendre ? Ben syntonisez votre radio ». La version live est bien différente de celle studio, un régal musical !

Décibels
« Connecté déconnecté, vous autres l’êtes-vous ? En tout cas, ma guit est déconnectée, elle ».

Une basse qui se démarque par sa propre personnalité dirigée par la tigresse. On danse au rythme de leur ska rock. Il fait beau, chaud, on est bien. Le public d’enfants est invité à monter sur la scène, ce qui leur accroche un cheese dans la face.
Cosmïc a fait comme setlist leur nouvel album en totalité pour mon plus grand bonheur.

Danny Rebel & The KGB
Le soleil plombe en position sur le 14 heures 17 pour accueillir Danny Rebel & The KGB. Contrairement à ce que leur nom pourrait laisser penser, ce ne sont pas des Russes, mais bien des Montréalais. Ils possèdent deux albums à leur actif.




Nous sommes dans le reggae, ce qui fit à fond avec le beat en cours sur place.

Des dreads tentent de s’échapper de sa casquette de marin, mais pas de compét‘ avec ceux du légendaire Keith Morris.

Je ne suis pas jamaïcain
Les quatre mecs connaissent leur style musical. C’est droit et envoûtant !

Je vais à leur rencontre à la table de merch et je repars avec l’un de leurs albums en format cassette.
Power trip
Un policier à bicyclette, pas crédible, vient se virer dans la cour du Patro. Ça me rappelle la fois où je me suis fait encercler par quatre agents de la loi en vélo en tentant d’uriner dans un bosquet considéré comme un lieu public. Tout en s’écriant « Il tente de s’enfuir ».
Morgan
Les gars de Morgan arrivent, déjà bien réchauffés, pour assurer la fin de cet après-midi paradisiaque. Ils s’annoncent d’emblée comme étant des pratiquants d’un punk agricole.
Ces quatre musiciens de Valleyfield se trimbalent avec leur inséparable ami Nicolas Cage.





Rince-Crème
Les bons vivants ont même leur propre Just to be my love en salopette trinquant pour les cinq membres simultanément.

Le contrôleur de la planche à laver avec cuillères s’exprime, lui, en anglais.

« On vient pas des États même si on chante en anglais. Nous sommes plutôt en état d’ébriété ».

Tirage
15 heures 59, c’est au tour du tirage, et non de Tirage… parce que comme un épais, j’ai consulté la programmation et vu « Tirage » pour ensuite chercher leur bandcamp !
« Ce sont onze gars qui ont lancé et tenu Le Delüge à bout de bras, sur leur épaules ». Les instruments de musique Long & McQuade font encore cadeaux de pas moins de onze guitares et un piano à faire tirer au sort parmi les enfants présents. Vive la relève !

Je retourne porter mes enfants et souper à la maison rapido.
Nikitoutagan
La pénombre s’installe et le scénario suit son cours en revenant à Jonquière, mais cette fois-ci au Pavillon Nikitoutagan.

Not Soldiers
Il est 19 heures 30 et Not Soldiers a pour mission de starter la guerre sonore.

Un groupe punk rock, pur sang, de Jonquière.

Not Soldiers était de la puissante programmation du Pouzza FEST en mai 2025, mais je les avais loupés.


Au fond, Léon
Ça rentre au poste sur un moyen temps. Les quatre amis se défoncent pour frapper un home run en début de partie.

C’est-tu pas le fun ? On évacue le quotidien par la thérapie musicographique que je m’auto-prescris.
Cirrho
Au tour des habitués de la place, Cirrho, à 20 heures 15. Ils ont pris existence à Montréal, mais le Saguenay est leur deuxième maison. Ils s’y sentent chez eux.



Des Saguenéens d’adoption
En fait, le moustachu bavard explique effectivement que leur prestation précédente était ici même, il y a deux ans, et plusieurs éditions depuis les débuts de ce fantastique festival. « Le reste, fuck all ».

Mer houleuse
Selon leurs dires, ils ont mis au monde du rock alternatif houleux et visqueux. Leurs paroles en français sont scandées fortement par les accrocs. J’ai un faible pour les groupes offrant comme instrument un piano-clavier-synthé. Leur acolyte n’en a pas un, mais deux. Il doit se lever debout pour switcher sur celui du haut émettant d’autres effets sonores recherchés.

Je possède déjà leurs deux CD. Ils nous annoncent qu’un nouvel EP est à venir.

Les Marmottes Aplaties
21 heures 30 sonnent l’arrivée du band que j’attendais le plus : Les Marmottes Aplaties. Leur vidéoclip, qui a bercé notre jeunesse et qui a tout cassé, Détruire de l’album Épisode sanglant a roulé à la bonne époque de Musique Plus.
Malgré que je viens de les voir au Pouzza Fest, ce n’est pas pareil comme expérience. C’était à l’extérieur et il faisait frette en cibole.



Jamais assez proche
Je m’approche direct en avant de la scène, le plus proche que je peux pour en profiter au maximum. Les trois nigauds sont vêtus d’une chemise et pantalon agencés de couleur rouge orangé. J’ai Bruno, le chanteur et dessinateur dans mon visage. Martin dans son dos qui drumme ben relax. À sa droite, Sébastien relevant la basse.

« Les mascottes ça groove, on a une banane et un taco ». Mon regard se détourne vers le trash. Alexander Ovechkin est même là !

« Est-ce qu’il y a une Caroline ici ? ». Si la blonde d’un de mes chums était présente, elle aurait répété sa performance avec Tulaviok au Café du clocher.

Boite à lunch, c’est à son tour. Oh yeah ! Sébastien, le bassiste s’époumone sur celle-ci. Un vocal plus aigu à souhait.

« Longue vie au rock à Jonquière ».

+1 membre temporaire
Légère pause pour la sélection d’une spectatrice, en la pointant du doigt, afin de la mettre en charge des baguettes, à la percussion pour le prochaine morceau.

Elle s’en sort très bien !

Fusionnels
Les solos ensorcelés se succèdent frénétiquement. Les deux comparses au front s’alternent au chant. Martin fait également aller ses cordes vocales dans l’arrière-boutique le temps d’une chanson.

Un setlist de la mort et plus long qu’au Pouzza. Je suis rassasié de mes siffleux adorés.

Canoying
C’est véritablement le déluge, c’est la flotte dans les toilettes. Mais d’où vient toute cette eau ? Pauvres organisateurs.

The Creepshow
23 heures 18 et les autres chouchous du festival The Creepshow font sentir leur présence. Nous sommes ready pour prendre du psychobilly punk plein la gueule.




« Saguenay ! » Son cri de ralliement est bien vu, visé.

Une basse plus grosse
Une majestueuse contrebasse donne toute la teneur, la consistance et provoque l’épatement de The Creepshow.

Miss Legaspi
La charmante chanteuse a un charisme du tonnerre, une prestance ressentie. Kenda empoigne, agrippe une guitare noire. Rien n’est à son épreuve.

Elle descend souvent pour rejoindre la foule qui l’apprécie (le fera à quatre reprises).

Willing
Elle aussi a flairé le costume de banane et l’emprunte à son propriétaire. Banana style !

Une merveilleuse finale. Mon dernier bouillon dans Le Délüge, circule bien en bouche.

After Party
Minuit et 37 minutes, l’after party se met en branle, mise en scène exécutée. Une certaine intimité est créée en installant les artistes en bas du stage, sur le plancher, me rappelant Rouge Pompier.
Nous avons malheureusement droit à un soundcheck pénible, interminable. J’ai sommeil !
Francbâtards
Les Francbâtards prononcent leurs premières notes à 00 heure 54. Ils sont huit, un collectif uni.

Je reconnais un visage connu : Alex Paquette, le chanteur. Il a aussi un autre band que j’ai croisé lorsqu’il s’est produit au Taverne Fest 2.

Tam-tam style
Batterie sans baguettes, confisquées. Il joue avec les mains, il a maintenant des tam-tams à sa disposition. Oh le chanceux ! On lui en redonne une sur deux. Il fait ce qu’il peut pour maintenir un rythme respectable et un bon delivery.

Un autre individu de plus s’ajoute à la fête entamée, ils sont désormais neuf. Oh ! Je reconnais la margoulette du chanteur de K-Man & The 45s.
K-Man & The 45s
1 heure 46 aux petites heures du matin, les joueurs réguliers K-Man & The 45s se lancent dans leur embardée musicale.

Je me nourris de leur délicieux ska.

Panoplie d’instruments ont-ils, conventuels avec l’addition de cuivres : trompette et trombone qui reluisent.

Désolé, mais il me restait du gaz dans ma tank pour seulement deux chansons.
En deuil
Je suis si triste, car je viens de vivre mon dernier Délüge. C’est rien de moins qu’un deuil pour moi. Mon enfant chéri quitte la famille des festivals.
Ç’a été tout un dernier raz-de-marée qui m’a submergé de talents connus, émergents ou tout neufs. Comme vous le devinez, mon coup de cœur 2025 est : Les Marmottes Aplaties.
Rédacteur : Patrice Belley
Crédit-photo : Patrice Belley
Correction : Céline Montminy
Révision : Julie Fortin

